Dans la mode, l’inspiration compte. Mais ce qui transforme une bonne idée en vêtement désirable, portable et durable, c’est une méthode. Et c’est précisément ce qui distingue l’approche de zoran petrovic, créateur de mode et pédagogue basé en Australie : une vision pragmatique, exigeante et profondément humaine, tournée vers la qualité, la coupe et l’honnêteté du produit fini.
Arrivé en Australie en 1998 après un parcours international (Paris, ex-Yougoslavie, Autriche), Zoran combine une carrière de designer, des postes de direction à grande échelle, et une pratique de terrain toujours active. Aujourd’hui, il travaille comme pattern maker et spécialiste des silhouettes pour Rebecca Vallance, tout en enseignant un cursus complet couvrant l’histoire de la mode, les textiles, l’ingénierie, le patronage, l’illustration, les moodboards et la production technique.
Si vous cherchez un modèle inspirant de parcours, ou une pédagogie qui vous aide à passer du rêve à la réalisation, le parcours de Zoran Petrovic apporte un message clair : la créativité s’épanouit quand les fondamentaux sont solides, comme dans une maison bien construite.
Un déclic à 16 ans : le premier prix qui ouvre la porte
L’histoire de Zoran Petrovic commence par un hasard… et une action simple : envoyer des croquis. À 16 ans, alors qu’il envisageait une voie proche de l’architecture, il tombe sur un concours de design dans un magazine de mode. Il dessine, poste ses idées, puis attend. Longtemps. Trop longtemps.
Six mois plus tard, le résultat apparaît enfin : Zoran Petrovic, premier prix. Un détail marquant accompagne cette victoire : ses dessins n’avaient pas été publiés parce qu’il les avait pliés avant de les envoyer, laissant des plis visibles à l’impression. Un épisode qui ressemble à une anecdote, mais qui révèle déjà un principe central de sa future méthode : la finition compte, et les détails ont des conséquences réelles.
Porté par ce premier succès, Zoran enchaîne ensuite une série de récompenses : au total, il remporte une quinzaine de prix pour des créations homme, femme et enfant. Ce n’est pas seulement une reconnaissance : c’est un accélérateur qui confirme une direction, et qui le pousse à penser de plus en plus en designer, avec un intérêt particulier pour les textiles.
De Paris à la direction : une carrière internationale construite sur la structure
Le parcours de Zoran prend ensuite une dimension internationale avec Paris et l’école ESMOD, où il est invité à étudier. Son profil est à la croisée de plusieurs disciplines : design, structure, résolution de problèmes, et une sensibilité technique tournée vers l’ingénierie et la matière.
À seulement 25 ans, il devient head of design (responsable design) dans une entreprise employant jusqu’à 4 500 personnes. Il rejoint ensuite une entreprise plus petite (environ 380 salariés), avant de revenir vers l’enseignement dans son pays d’origine (l’ex-Yougoslavie), où il souhaite contribuer à une industrie de la mode en développement.
Le contexte géopolitique du début des années 90 bouleverse cette trajectoire : l’ex-Yougoslavie se fragmente, et Zoran part pour l’Autriche. Là, il plonge dans l’univers du théâtre et travaille sur le costume masculin, en design et fabrication. Une expérience qui renforce, là encore, l’importance des volumes, de la précision et de la cohérence entre intention artistique et contraintes réelles.
Finalement, en 1998, il s’installe en Australie, où il développe une double activité : l’industrie (avec un rôle centré sur le patronage et la silhouette) et l’enseignement, avec une volonté constante de transmettre.
Aujourd’hui : pattern maker, spécialiste de la silhouette, et tuteur engagé
Dans la mode, certains professionnels restent au niveau du concept. D’autres sont au cœur de ce qui fait tenir une collection : le patronage, l’ajustement, l’équilibre des volumes, le tombé. C’est précisément l’expertise de Zoran Petrovic aujourd’hui : il est pattern et silhouette maker pour Rebecca Vallance.
En parallèle, il enseigne à l’Australian Academy of Fashion Design et apprécie particulièrement le caractère complet de la formation, qui couvre l’ensemble du processus de design, de l’inspiration à la production technique. Cette vision globale correspond à son propre « playbook » : une mode pensée comme un projet construit, pas comme un simple dessin.
Une formation qui couvre tout le processus : de l’histoire à la production
Ce qui rend un parcours en mode réellement professionnalisant, ce n’est pas seulement d’apprendre à dessiner. C’est d’être capable de relier l’idée au produit final, sans perdre la qualité en route. Dans l’approche de Zoran, l’étudiant apprend à devenir un profil complet : créatif, technique, et orienté résultat.
Les grands piliers du cursus qu’il enseigne
| Domaine | Ce que l’étudiant développe | Bénéfice concret |
|---|---|---|
| Histoire de la mode | Culture visuelle, repères, compréhension des codes | Créer avec intention, éviter le « déjà-vu » |
| Textiles et fibres | Compréhension des matières, du toucher, du tombé, de l’évolution technologique | Choisir des tissus qui servent la silhouette et la qualité |
| Ingénierie et structure | Logique de construction du vêtement, équilibre, contraintes | Concevoir des pièces réalisables et cohérentes |
| Patronage | Traduction du design en formes et volumes, précision | Obtenir un vêtement qui tombe juste sur un corps réel |
| Illustration | Communication d’une intention de design | Convaincre et clarifier une vision |
| Moodboards | Direction créative, narration, cohérence d’univers | Construire une collection lisible et mémorable |
| Production technique | Passage à la fabrication, détails, finitions, standards | Livrer un produit professionnel, prêt pour le marché |
Cette couverture « de bout en bout » a un avantage majeur : elle aide les étudiants à comprendre que la mode est une chaîne de décisions. Chaque décision (tissu, coupe, finitions) se voit dans le résultat. Et c’est là que la méthode de Zoran se démarque : il entraîne à penser comme un professionnel responsable du produit final, pas comme un artiste déconnecté des contraintes.
Sa pédagogie pragmatique : la mode comme la construction d’une maison
Zoran Petrovic utilise une analogie forte : pour lui, concevoir un vêtement, c’est comme construire une maison. On peut avoir de belles idées, mais si les fondations sont faibles, tout s’écroule tôt ou tard. Dans un vêtement, les « fondations » sont claires : un bon tissu, une coupe solide, une adaptation au corps réel, et des finitions honnêtes.
1) La priorité au tissu : le confort et le tombé comme critères de réussite
Dans son approche, le tissu n’est pas un détail. Il est au cœur de l’expérience : ce que le vêtement devient une fois porté dépend de la fibre, du poids, de la main, du tombé. Zoran garde une curiosité constante pour l’évolution rapide des technologies textiles et des fibres, car la matière conditionne la silhouette, la durabilité et la sensation de qualité.
Résultat pour l’étudiant : apprendre à choisir et défendre des tissus qui servent le design, au lieu de « sauver » un concept avec des compromis en fin de route.
2) La coupe et l’ajustement : concevoir pour des corps humains, pas pour des mannequins
Zoran insiste sur un point très concret : il ne voit pas l’intérêt de créer uniquement pour un mannequin ou un podium. Les corps sont différents, et un tissu ne tombe pas sur un mannequin comme il tombe sur une personne réelle. Cette exigence fait gagner un avantage précieux aux futurs designers : la capacité à créer des pièces qui fonctionnent au quotidien, tout en restant désirables.
- Meilleure portabilité: le vêtement accompagne la vraie vie, pas une image.
- Meilleure satisfaction client: moins de déceptions, plus de confiance envers la marque.
- Meilleure crédibilité: une silhouette juste se remarque immédiatement.
3) L’honnêteté et la finition : un vêtement doit tenir ses promesses
Pour Zoran, l’honnêteté n’est pas une posture : c’est un standard de fabrication. Il estime qu’il n’y a pas d’excuse pour une qualité bâclée, quel que soit le prix. Un client voit rapidement quand on a « coupé les coins », et le vêtement perd instantanément sa valeur perçue.
Son message est simple : le client ne juge pas les difficultés du designer ni le processus, il juge le résultat. Cette orientation vers la finition apprend aux étudiants à respecter le craft et à produire des pièces qui inspirent la confiance.
Un état d’esprit moderne : travailler, enseigner, et rester en mouvement
Ce qui renforce la crédibilité de Zoran Petrovic auprès des étudiants, c’est qu’il ne se contente pas d’enseigner : il continue à travailler dans l’industrie. Il explique qu’un arrêt serait synonyme de stagnation, et que pour inspirer de nouveaux designers, il faut rester pertinent et frais.
La mode évolue vite, notamment via la technologie appliquée aux textiles et aux fibres. Son approche de veille n’est pas théorique : elle sert un objectif très concret, celui de concevoir des vêtements en phase avec les possibilités d’aujourd’hui, sans sacrifier les fondamentaux.
Le goût du collectif : « no one can do everything all the time »
Beaucoup d’étudiants arrivent en école de mode avec l’ambition de lancer leur propre business. D’autres se projettent dans une carrière au sein d’une maison ou d’une équipe. Zoran valorise ces deux voies, et insiste sur un principe essentiel dans l’industrie : la valeur du travail d’équipe.
« no one can do everything all the time »
Cette conviction se traduit dans sa pédagogie : apprendre à collaborer, à partager, à demander des retours, et à progresser grâce au collectif. Dans un secteur où les calendriers sont serrés et les exigences élevées, cette compétence est un accélérateur de carrière.
Le feedback comme outil de progression (dans un espace sécurisé)
Zoran encourage le dialogue : on discute, on dessine, on questionne. Il crée un cadre où l’on peut partager et critiquer le travail de manière constructive. Il a observé que le feedback aide souvent à mettre le doigt sur ce petit élément « gênant » qu’on sent sans parvenir à l’expliquer.
Ce bénéfice est énorme pour un apprenant : au lieu d’avancer seul, on apprend à s’améliorer plus vite, et à affiner sa rigueur sans perdre sa motivation.
- Clarifier une intention de design.
- Identifier ce qui affaiblit une silhouette (proportions, tombé, détails).
- Renforcer les finitions et la cohérence globale.
- Gagner en confiance à mesure que la qualité devient reproductible.
Créer une signature durable : au-delà des tendances éphémères
Son conseil aux étudiants est exigeant et libérateur : connaître les bases, maîtriser la technique, puis y apporter une touche personnelle. Il pousse chacun à trouver sa signature, sa voix, sa manière d’exprimer quelque chose de vrai, plutôt que de courir après les tendances saisonnières.
Il comprend aussi le processus créatif : il ne veut pas le forcer. Il peut encourager à « dormir dessus » si nécessaire, tant que cela ne devient ni de la paresse ni une excuse pour éviter l’effort. En clair : respecter la créativité, mais rester responsable du résultat.
Dans un marché saturé d’images, cette approche offre un avantage compétitif : une identité claire, cohérente, qui peut durer au-delà d’une saison.
Inspiration partout : films, livres, spectacles… et vie réelle
Zoran parle d’inspiration de manière large : films, livres, shows, tout peut nourrir un projet. Cette ouverture a un effet concret sur l’apprentissage : elle évite de limiter la créativité à un seul univers et encourage à construire des références solides, personnelles et cohérentes.
Et parce qu’il place les personnes au centre, il se met volontiers « dans les chaussures du client ». Cette empathie est un outil de design : penser usage, confort, occasions réelles, et vérité du produit.
Ce que les étudiants retiennent : impact humain et exigence positive
Au-delà des compétences techniques, beaucoup d’étudiants retiennent l’impact humain : un enseignement « avec le cœur », une exigence élevée, et un investissement réel dans la progression de chacun. Des témoignages publiés par d’anciens étudiants expriment cette gratitude et cette sensation de chance d’avoir été accompagnés par lui.
- Belma décrit Zoran comme « le meilleur des meilleurs » et une personne rare.
- Maha Ammar souligne son honnêteté et une façon d’enseigner « avec le cœur ».
- Aya El Rifai exprime sa reconnaissance de l’avoir eu comme tuteur.
- Ani Tourangi insiste sur sa dévotion, le temps et les efforts fournis, et l’influence positive sur son projet de carrière.
Ces retours sont cohérents avec ce que sa méthode met en avant : une exigence tournée vers le progrès, un cadre bienveillant, et une relation pédagogique qui vise l’autonomie.
Pourquoi cette approche fonctionne : des résultats visibles dans le produit final
L’approche de Zoran Petrovic apporte des bénéfices très concrets, particulièrement précieux pour celles et ceux qui veulent transformer leur talent en compétence professionnelle.
Des bénéfices immédiats pour un futur designer
- Un niveau de qualité plus constant grâce à l’attention au tissu, à la coupe et aux finitions.
- Des pièces plus portables car conçues pour des corps réels, pas seulement pour des silhouettes idéalisées.
- Un meilleur sens de la faisabilité via l’ingénierie du vêtement et la production technique.
- Une progression plus rapide grâce au feedback et au travail d’équipe.
- Une signature créative plus forte car l’étudiant est poussé à construire une voix durable.
En résumé : sa pédagogie relie l’inspiration à l’exécution, et l’exécution à la confiance du client final. C’est une manière de former des designers capables de créer des vêtements qui parlent d’eux-mêmes, parce qu’ils sont bien pensés, bien faits, et fidèles à ce qu’ils promettent.
À retenir : une mode qui se construit, se teste, et se respecte
Zoran Petrovic incarne une idée rassurante et motivante : la mode peut être un espace de liberté créative, sans renoncer à la structure. Son parcours international, ses responsabilités à grande échelle, son travail en patronage et silhouette, et son engagement pédagogique convergent vers un même message : un vêtement réussi est un vêtement construit.
Comme une maison, il demande des fondations, des matériaux de qualité, une exécution précise, et une vision d’ensemble. Et quand ces éléments sont réunis, la créativité ne se réduit pas : elle devient plus forte, plus crédible, et plus durable.
Pour les étudiants, c’est une promesse très concrète : apprendre à créer non seulement de belles idées, mais des pièces finies, honnêtes, portables, et prêtes à s’inscrire dans une carrière.